13.09.2007
Azul,

Azul est un petit bijou dans le paysage de sorties de cette fin d'hiver. Porté par des acteurs d'une infime justesse et dirigés avec brio, ce premier film espagnol navigue aisément sur toutes les gammes de l'émotion brute pour donner vie à un scénario d'une qualité rare. Dans le bleu presque nuit de cette réalisation, il y a des incompatibilités soudées par le lien suprême, le lien familial qui unit autant qu'il ébranle sauvagement tout ce qui gravite autour de lui.
Azuloscurocasinegro est un beau film. Sincère, écorché, tendre et douloureux, surprenant et prenant. Le réalisateur, Daniel Sanchez Arévalo, a déjà travaillé sur de nombreuses séries pour la télévision espagnole et tourné plusieurs courts métrages récompensés. Il y a dans son premier long métrage une étonnante maturité parfaitement mêlée à la poésie des plans choisis et des couleurs. Le titre espagnol est un pur plaisir : AzulOscuroCasiNegro (BleuNuitPresqueNoir) résonne comme un poème triste. Et tout au long du film, le réalisateur parvient à nous faire apprivoiser cette couleur qu'il désigne comme étant un état d'esprit, un avenir incertain, une couleur, qu'on ne connaît d'ailleurs pas toujours, et qui varie en fonction de la lumière, du support et de l'humeur.
Dès les premiers plans, il est évident que le réalisateur a cherché à contourner tous les clichés. Il nous sert une émotion brute. Nous suivons l'histoire de Jorge tout juste diplômé d'un master de gestion. Il travaille comme concierge dans son immeuble pour s'occuper de son père, invalide depuis sept ans, mais aspire à trouver un travail correspondant à son niveau d'études. Son frère aîné Antonio, qui est en prison, va lui demander une faveur étrange : mettre enceinte dans un parloir intime sa fiancée Paula, rencontrée à la prison. Cette jeune femme fragile subit des agressions de la part des autres prisonnières et la seule solution pour y échapper semble être de tomber enceinte pour être transférée dans le service maternité, le paradis au sein de cet enfer. Il y a aussi Israël, surnommé Sean Penn pour sa ressemblance avec l'acteur, qui est le meilleur ami de Jorge. Il découvre l'addiction de son père pour les services d'un masseur érotique. La douleur que cela provoque en lui fait surgir la révélation de sa propre homosexualité.
Olivia Michel
Cinemapolis.info
ME 28 février 07
17:41 Publié dans ART ,ZIK, MOVIES & BOOKS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







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