15.06.2010
J'aurais voulu être Sophie Calle.
Si on m'avait donné à choisir j'aurais voulu être Sophie Calle, dans la peau et le corps de Pénélope Cruz. (Oui, rien que ça)
N'avez-vous jamais vu cette étrange scultpure dont le style rappelle pas mal le Guggenheim de Bilbao sur le Pont du Garigliano ? Une immense fleur très colorée détonnant au milieux du gris de cette partie de paris ! Il s'agit du Téléphone de Sophie Calle: l'artiste s'est engagée à téléphoner à cette cabine singulière plusieurs fois par semaine pendant trois ans !
C'est le Sophie Calle Style ! Ecrivain, artiste, photographe, cinéaste... Sophie Calle est tout à la fois et semble se moquer des frontières. C'est elle qu'elle met en scène, et sa façon unique de la faire en fait un OVNI délicieux.
Le Sophie Calle Style c'est aussi ,cela, par exemple:
"Le 4 juin 1999, j'ai reçu une lettre de Californie. Un inconnu me faisait part de sa récente rupture amoureuse et me demandait de passer cette période de deuil dans mon lit. J'ai préféré envoyer ma literie, par avion, à San Francisco." ("Voyage en Californie", 2003)
L' oeuvre de Sophie Calle ressemble tellement à elle-même que parfois on croit que l'on va se sentir gêné, d'assister à son "moi" exposé. Mais non! Et c'est la le génie: Au coeur de ses bouts d'elle scénographiés, exposés, narrés en image et en textes, elle disparait pour nous laisser déguster.
L'an dernier, lorsque j'ai pris le train pour Bruxelles, allant voir un amie, je savais que j'allais pouvoir visiter la Rétrospective Sophie Calle au Bozar! Une des expositions qui m'a finalement le plus marquée dans ma vie de jeune femme.
Le Sophie Calle style c'est aussi un série de portraits pris dans son lit, au sein duquel elle a invité des inconnus à passer un moment, quelques heures ou une nuit...!

Sophie Calle c'est la mélancolie contemporaine, le remède artistique contre le chagrin d'amour, qu'il soit de l'ordre du deuil ou de la rupture.
Le livre Douleur Exquise (Actes Sud) témoigne parfaitement de cela:
"J’ai recu en 1984 une bourse de trois mois pour le Japon. Je suis partie le 25 octobre sans savoir que cette date marquait le début d’un compte à rebours de 92 jours aboutissant à une banale rupture que j’ai vécue, alors, comme le moment le plus douloureux de ma vie. J’ai tenu ce voyage pour responsable. De retour en France, le 28 janvier 1985, j’ai décidé, par conjuration, de raconter ma souffrance plutôt que mon périple. En contrepartie, j’ai demandé à mes interlocuteurs, amis ou rencontres de fortune : « Quand avez-vous le plus souffert ? ». J’ai décidé de faire durer cet échange de récits jusqu’au jour où j’aurais, soit relativisé ma peine face à celle des autres, soit épuisé ma propre histoire à force de la raconter. La méthode a été radicale : trois mois plus tard j’ai cessé de souffrir. " raconte-t-elle.
Le résultat? Une exposition mêlant ces anecdotes sur la souffrance et en fil rouge, une photo: celle de sa chambre d'hôtel et du téléphone rouge qui n'a jamais sonné.

12:29 Publié dans ART ,ZIK, MOVIES & BOOKS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sophie calle







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