09/06/2012

Les livres de nos vies

Il y a des livres qui nous laissent indifférents, ne mentons pas il y a en pagaille. Puis il y a d'autres livres qui se baladent dans vos vies et qui nous marquent. Reste à savoir dire pourquoi.

J'ai comme cela plusieurs titres qui pour des raisons diverses et toujours liées à un moment précis de ma vie demeurent présents:
 
Vous êtes faite de peines étranges, de Bernie Bonvoisin. Un livre qui m'a marquée, un titre sublime: un amour impossible, une poésie triste et belle. 
 
Justine Lévy, Rien de Grave qui a une époque résumait toutes les ondes sensibles de nos petits coeurs nostalgiques, encore jeunes, avant le cynisme: "Tomber amoureuse, tomber malheureuse, on ne peut pas tomber un peu, quand on tombe c'est toujours de haut."
 
Hell de Lolita Pille, car après toute une avalanche de critiques, je reste persuadée que ce livre est une petite bombe dénonçant nos délires débiles de parisiens trop-avertis pour obéir à la loi du soft, du sain. Et l'ennui.Les Planches, GENERATION STERIMAR, qui n'hésite pas à s'enfiler six traces avant de rentrer se désinfecter au Stérimar.
 
Il y a Sagan, "sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom le beau nom grave de tristesse"
 
Il y a Duras, " Je te rencontre.Je me souviens de toi.Qui est tu ? Tu me tues.Tu me fais du bien.
Comment me serais je doutée que cette ville était faite à la taille de l´amour ?
Comment me serais je doutée que tu étais fait à la taille de mon corps même ?
Tu me plais. Quel événement. Tu me plais."
 
Il y a Albert Cohen, enfin, encore. Belle du Seigneur, le grand émoi littéraire. Le livre obligatoire en hypokhâgne. Un train interminable. Je me souviens: et ces 120 premières pages qui ne décollent pas. Puis le goût des belles phrases, de l'écriture aussi puissante que drôle: "la regardant dormir, il conjugua silencieusement le verbe faire l'amour au passé, au présent et hélas au futur. Il venait d'attaquer le subjonctif lorsque, brusquement réveillée, elle lui baisa la main".
 
Il y a Amanda Sthers: Premier choc entre ses mots et les miens: Le Vieux Juif Blonde. Ce n'etait pas un livre, une pièce d'abord, mais un texte que j'ai lu, ensuite. Puis tous ses autres livres. La sensation qu'il existait quelqu'un qui parlait ma langue, mes maux.Mais j'en reparlerai. "Si vous, vous voyez une jolie jeune fille, c'est parce que vous ne comprenez pas qui je suis. C'est parce que j'ai tellement rit. J'ai tellement rit parce que j'avais tellement envie de pleurer que j'ai finit par me transformer."

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