22/03/2012

Des balles pour rien

La lecture du dernier livre de Camille de Toledo, dont j'ai parlé sur Zone Littéraire récemment est étrangement, tristement liées à l'actualité. 

Beucoup de conneries choses ont été dites depuis la fusillade de Toulouse, et pendant ces dernières 30 heures de temps suspendu autour de la maison contenant le jeune Mohamed Merah. Jeune fou dont le visage est symbole d'un grand point d'interrogation. 

Une chronique de l'humoriste Anne Roumanoff m'a touchée:


Tout commence par une pensée par Europe1fr

Elle a raison. Une minute de silence, c'est quand il n'y a pas de mots dans la langue française pour expliquer ce qu 'il s'est passé. Qui ne devrait pas se passer.


L'inquiétude d'être au monde, de Camille de Toledo, est un Objet livre non identifié entre philosophie et essai politique. Je ne m'imaginais pas alors qu 'il pourrait être autant d'actualité lorsque je l'ai lu. Camille de Toledo questionne notre monde paumé, le vertige d'être au monde, presque Ubuesque! Il évoque le vide laissé par la folie meurtrière du siècel dernier, toutes nos tentatives de vivre dans un trop-plein de divertissements pascaliens et la totalement fiction qui règne et pouvant mener à des drames inexplicables. Les balles pour rien du jeune Anders Behring Breivik à Utoya: des pulsions incontrolables.

On est en plein dedans, Ubu, l'inexplicable. Anders Behring Breivk VS Mohamed Merah. De jeunes, pulsions incontrolables, de jeunes fous. Mohamed Merah:En pire. 

Camille de Toledo parle de "pop fascism".

L'idélogie extrêmiste inculquée au jeune fou, au jeune perdu, au qui a le vertige d'être au monde, qui a peur d'exister, qui ne trouve pas sa place.

Alors, évidemment c'est plus facile de trouver un objet de haine: ça comble le vide d'haïr une communauté, ça garde en vie de lutter, d'hair le monde occidental en ayant la satisfaction intérieure de servir une cause. 

La fureur fictionnelle évoquée par Camille de Toledo: est-ce la faute à la fiction? Il parle de micro-hollywood mental qui a pris possession de nos existences. Est-ce que ces jeunes fous sont en manque de spectacle? veulent avoir une fois le premier rôle quitte à mourir en martyre? Est-ce que la situation complexe au Proche Orient, les dérives de cet état de guerre usant entre Israël et Palestine justifie qu'on s'en prenne à des innocent français, sous prétexte qu 'ils sont de la même religion que ceux qui se battent là-bas? 

Pire

L'écrivain Yann Moix publiait hier un article formidable sur le site La Règle du Jeu: http://laregledujeu.org/moix/2012/03/19/710/copernic-2/ 

Un Copernic 2. Je fréquente Copernic.Evidemment que tout ce qui nous concerne de plus ou moins près nous touche plus. Mais Moix résume parfaitement ce que je pense et que nous sommes nombreux à penser, parmis toutes les communautés. La communauté juive et la communauté musulmane n'ont jamais ét aussi soudée que ces derniers jours. 

Je cite:

" Non que la mort d’un juif soit plus « grave » que la mort d’un non-juif : mais la mort d’un juif parce qu’il est juif (d’un musulman parce qu’il est musulman, d’un chrétien parce qu’il est chrétien, d’un noir parce qu’il est noir) est plus grave, oui, que la mort d’un homme parce qu’il est un homme. Tous les hommes sont des hommes ; mais tous les hommes ne sont pas des juifs (ni des musulmans, ni des chrétiens, ni des noirs). Quand on assassine un juif, on assassine quelqu’un qui, par conséquent, n’est pas comme tous les hommes."

Très beau texte. très juste. Merci à Yann Moix.

Dans le Talmud on dit que la Menorah, qui se trouve dans beaucoup de foyers juifs, symbolise que la religion doit être source de lumière dans nos vies. De lumière, et non de haine. D.ieu, si il existe, n'a certainement pas dicté ces agissements extrémistes. 

"Si D.ieu existe, dirait-on désormais, il a perdu la tête. Ou plus, Ubu l'a tué. Ubu a pris sa meilleure balle." Ecrit Camille de Toledo, dans L'inquiétude d'être au monde.